L'appui du transfert du courtage hypothécaire à l'AMF

Mardi, 28 juin 2016

 
 
 


LA DÉCISION DE LA FCIQ FAIT PERDRE UNE VALEUR AJOUTÉE AUX COURTIERS IMMOBILIERS
 
Quatre mots me sont venus à l’esprit en lisant la récente missive de la Fédération des Chambres immobilières du Québec (FCIQ), transmise la semaine dernière : INSULTANT – DÉSOLANT – CHOQUANT - INQUIÉTANT.


INSULTANT

Sous le titre flagorneur « La FCIQ : proactive dans ses démarches auprès des décideurs » nous apprenions que nos dirigeants avaient pris « les devants » pour aller à la « rencontre des représentants politiques des différents partis afin de défendre vos intérêts. »

De quels intérêts s’agit-il? Nul le sait puisque les dirigeants de la FCIQ nous annoncent qu’ils ont pris position en faveur du transfert de l’encadrement du courtage hypothécaire à l’AMF sans nous fournir le fruit de leurs réflexions.  Qu’est-ce qui motive cette prise de position avant même la tenue des consultations publiques du gouvernement ? Là encore, nous sommes dans le néant.

Mieux encore, on a le toupet de nous présenter cette prise de position comme étant une action favorable à la défense de nos intérêts… et ce, sans nous avoir consulté !
À une époque où nos élus clament sur tous les toits, l’importance de la transparence et de la saine gouvernance, il y a de quoi être insulté et brimé dans nos droits les plus fondamentaux.


DÉSOLANT     
    

Ce message de la Fédération des Chambres immobilières du Québec (FCIQ) nous fait également prendre conscience que les administrateurs de nos organisations semblent trôner dans leur tour d’ivoire, bien loin du plancher des vaches. En effet, il faut nécessairement méconnaître la réalité du marché du courtage immobilier et hypothécaire, pour ne pas avoir tenu compte de la tendance actuelle de nombreux courtiers à ajouter des compétences dont celles du courtage hypothécaire, en mettant à profit notamment, leur permis « plein exercice ».
Selon un sondage maison, 70 % des courtiers interrogés affirment que l’ajout de compétences s’avère une valeur ajoutée. Dans le contexte où l’on affirme que :
  • L’immobilier est un tout (un point central de contact en lien avec une panoplie de disciplines)
  • Les courtiers doivent assumer un rôle conseil en maîtrisant un plus grand ensemble de données et être plus compétents que le client
  • La transaction immobilière est la plus importante de toutes les transactions effectuées par les individus ou les familles…
comment une instance comme la FCIQ peut-elle d’emblée, ignorer la valeur ajoutée de cette compétence au bagage du courtier immobilier ?

En outre, comment cette organisation dédiée à la défense des droits des courtiers immobiliers et hypothécaires peut-elle légitimer restreindre les droits acquis de ses membres en reniant celui d’exercer le courtage hypothécaire sous la même réglementation ?

En quoi dévaluer le permis « plein exercice » peut-il protéger les droits des courtiers ?  Pire encore, comment peut-on inviter les courtiers à augmenter leurs compétences pour les restreindre par la suite ?


CHOQUANT

C’est d’autant plus choquant comme situation qu’il n’y a pas si longtemps, ce sont ces mêmes instances (notamment nos Chambres immobilières) qui nous conviaient à un Sommet de l’immobilier pour inciter tous les membres à accroître leurs compétences en tant que praticien du courtage immobilier et hypothécaire. Sur la même lancée, ces mêmes instances nous ont encouragé à développer de nouveaux modèles d’affaires et à faire preuve de vision.

Alors que de plus en plus de firmes de courtage immobilier comptent sur des courtiers immobiliers qui mettent à profit leur permis de courtage « plein exercice » en ajoutant les compétences du courtage hypothécaire (et vice versa pour le courtier hypothécaire), la FCIQ veut restreindre ledit permis. Est-ce cela que l’on appelle naviguer à courte vue ?

Chose certaine, il est difficile de ne pas s’interroger sur l’absence apparente de connexion avec la réalité des praticiens sur le terrain. Il est tout aussi facile de se questionner sur la nature de la vision du courtage immobilier dans les prochaines années, de ces mêmes instances.


INQUIÉTANT

L’impression du « déjà vu » dans les façons de faire de nos instances nous incitent à exercer une extrême vigilance.  De plus, n’ayant obtenu aucune information pouvant expliquer le raisonnement ou le fondement de la démarche de la FCIQ, il s’avère pertinent de poser un certain nombre de questions pour obtenir des précisions.
  • Quels sont les avantages qu’obtiendront les courtiers avec ce transfert de juridiction vers l’AMF ?
  • Qu’est-ce qui légitime une telle prise de position de la part de la FCIQ ?
  • Pourquoi la FCIQ a-t-elle décidé de prendre position avant même les consultations publiques du gouvernement ?
  • Compte tenu de l’enjeu, pourquoi la FCIQ n’a -t-elle pas jugé bon de consulter les membres des Chambres immobilières sur ce dossier important avant de prendre position ?
  • Devons-nous entrevoir l’existence d’un agenda caché et/ou d’un jeu de coulisses pour expliquer cet empressement alors que l’OACIQ a déposé un mémoire favorisant le maintien du courtage hypothécaire sous la juridiction de la Loi sur le courtage immobilier ?
  • En amputant les droits acquis du permis « plein exercice », comment la FCIQ peut-elle affirmer défendre les intérêts des courtiers ?
  • En affirmant dès maintenant qu’elle est d’accord avec ce transfert de juridiction vers l’AMF, la FCIQ a-t-elle obtenu des garanties pour protéger les droits des courtiers ?
  • Est-il possible que les courtiers ayant la double compétence doivent choisir entre le courtage immobilier ou le courtage hypothécaire ? Si tel est le cas, prévoit-on dédommager les courtiers ?
  • Les courtiers exerçant les deux professions devront-ils désormais payer deux cotisations, l’une à l’OACIQ et l’autre à l’AMF ?
  • Si le transfert se concrétisait à l’AMF est-il possible de croire à l’impossibilité pour les courtiers plein exercice de pratiquer le courtage immobilier ?
  • Qui profitera véritablement des retombées de cette décision militant en faveur d’un transfert ?
Bref, l’annonce de la FCIQ semble être un autre pavé dans la mare provoquant une onde de choc dans la profession, à l’aube de vacances estivales bien méritées pour les membres des Chambres immobilières du Québec.

Avec tous les beaux discours sur la transparence dans les prises de décision, nous sommes en droit de réclamer des explications claires de nos administrateurs. Il serait impardonnable de laisser les membres dans l’incertitude et l’incompréhension plus longtemps.

N’hésitez pas à commenter cette nouvelle d’importance pour toute l’industrie du courtage immobilier et hypothécaire.
 

PS : Comme plusieurs autres agences immobilières et hypothécaires proposant les services de courtage immobilier et hypothécaire sous un même toit, mon agence Pro Immobilier & Hypothèque Inc. pourrait subir directement les conséquences d’un éventuel transfert du courtage hypothécaire à l’AMF.
 

Commentaires

Très bonne initiative de la FCIQ. Cela aurait du être fait depuis la dernière réforme.
Les courtiers hypothécaires ont plus d' affinité avec l' AMF (les services financiers) que avec L' OACIQ. Ce sera peut être espérons le, la fin pour le paiement de commissions de référence des Banques au courtiers immobiliers. Qui rappelons le Québec est la seul province dans tout le Canada ou les courtiers immobiliers reçoivent une commissions, seulement pour référé un client a une banque et ce sans faire aucun travail. Même, si il y a avis de divulgation dans la majorité des cas ce n' est pas a l'avantage des clients.
Enfin une bonne nouvelle pour les vrais courtiers hypothécaires.
L' OAICQ s' y oppose mais tous savons que ce n' est que pour les cotisations qu' mils veulent qu' on demeure avec eux.
Francois Cardinal, Hypotheque Dominion
À ce que je sache , la sécurité des consommateurs transigeant avec un courtier hypothécaire n'est pas en danger alors pourquoi le transfert de responsabilité à l'AMF !
Noël Grondin , Remax Haute Performance Inc.
The Minister has already made his decision. These things are rarely negotiable at that level and when they do negotiate they do not usually change their position on larger items. The 3 choices we were presented with last year were in an order of preference of the Minister. I do not have the article at my fingertips but if you re-read preference number 1 it will give you a very close idea as to where things are going for the real estate industry in Quebec. And now, with what has taken place in British Columbia, you can bet that we will resemble some of what is taking place there. It will be interesting to see the developments. Good luck to us all.
Darlene Albert, duCOURTIER
Je suis en accord avec la FCIQ les deux champs de pratiques doivent être séparé
Guy Deschamps, RE/MAX futur Inc
Je ne suis pas si surprise de cette décision : nos organisations, comme tout OSBL, ont la mission première de défendre les intérrêts de l'organisation et non pas les membres. Le courtage immobilier dans sa carapasse structruée (organisée!!) se fait examiner par le ministère des finances dans le cadre de la refonte de la loi sur le courtage. Nos organisations tentent de limiter leur perte de revenu en cédant un peu de terrain à l'AMF pourvu que le Ministère des finances conserve la structure de l'OACIQ etc comme elles sont.
L'implication de l'opinion des citoyens est de mise : après tout, c'est en contact direct avec le public que le courtier travail à tous les jours et la survie du courtier est ratachée aux demandes de services à la fois variés, parfois complets ou sur mesure. Les courtiers sont de plus en plus appelés à s,ajuster aux besoins spécifiques des clients. Serait-il temps que les courtiers unissent leur voix à celle du public et de présenter une demande ou une proposition commune au Ministre des finances dans le cadre de la consultation en cours. Une Commission des citoyens à laquelle se joignent les courtiers.
ZOHRA SOUFIANI, ROYAL LEPAGE
Qui représente qui voilà la vrai question
Léo Boudreault, Groupe conseil immobilier Québec inc
De plus, L'AMF N'A PAS DEMONTRÉ QU'ELLE ÉTAIT EN MESURE DE REMPLIR PLEINEMENT SON MANDAT de protection des citoyens dans les placements.
Réjean Choquet, Pro immobilier & hypothécaire
La Fédération ne représente pas du tout les priorités des courtiers immobiliers qui exercent aussi comme courtiers hypothécaires. Je crois que les grosses agences ne sont pas favorables à cette approche car actuellement elles perdent des membres qui veulent exercer dans les 2 milieux et qui sont complémentaires. La Fédération est contrôlée par les grosses agences et c'est le résultat de cette situation. Un courtier est un travailleur autonome et il doit pouvoir diversifier son travail dans le contexte économique actuel et il est bien placé pour bien conseiller ses clients dans les 2 sphères d'activités. C'est triste de constater cette représentativité au sein du conseil de cette Fédé.
Réjean Choquet, Pro immobilier & hypothécaire inc.
J'espère que quelqu'un répondra à ces questions et pas dans 6 mois!
N'ajoutez pas aux préoccupations. Les courtiers en ont suffisamment avec le marché.
Arsenault Jean-Yves, CENTURY21
Très pertinent et inquiétant, je ne veux absolument pas perdre mon permis de plein exercice ou dédoubler mes coûts de permis!
Alain Payette, Multi Prêts

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