Êtes-vous prêts à accueillir DuP comme agence immobilière officielle?

Mercredi, 27 novembre 2013

 
 
 


Les courtiers immobiliers québécois doivent-ils se réjouir de la récente décision de l'OACIQ (Organisme d'autoréglementation du courtage immobilier du Québec) de poursuivre à nouveau DuP? D'un premier abord, nous pourrions saluer la détermination de l'OACIQ dans ce dossier.

Après tout, ne faut-il pas que tous les joueurs dans l'industrie du courtage immobilier au Québec se plient aux mêmes règles en vigueur? Toutefois, lorsqu'on pousse notre réflexion un peu plus loin, la nouvelle n'apparaît plus aussi réjouissante qu'elle en a l'air. Je m'explique.

Dans un premier temps, il faut se rappeler que les frais de ces poursuites judiciaires sont assumés en partie par les cotisations annuelles des courtiers. Dans les circonstances, il est donc tout à fait légitime que les courtiers immobiliers s'interrogent sur les bénéfices engendrés par cette nouvelle démarche.

Car, il faut bien comprendre l'objectif ultime de la procédure judiciaire actuelle enclenchée par l'OACIQ. Quelle est-elle sinon que de tout simplement forcer DuP à se procurer un permis d'exercer et ainsi devenir une agence immobilière officielle obligée de respecter la Loi.

Vous avez bien lu. DuP pourrait se voir forcer de devenir une agence immobilière pour respecter les règles en vigueur (et ainsi respecter la mission de l'OACIQ soit de protéger le public). Quels seront les impacts de l'arrivée d'une agence à rabais bénéficiant de moyens financiers majeurs, pour les courtiers immobiliers ?

Il est évident que sa présence aura comme première conséquence de forcer les agences traditionnelles et les courtiers immobiliers à adapter leur modèle d'affaires d'une façon ou d'une autre. On peut présumer également qu'une agence immobilière à rabais de cette envergure, ayant accès aux mêmes outils de promotion que les courtiers immobiliers traditionnels (MLS-Realtor, Centris), imposera une pression à la baisse sur les taux de commission.

Devons-nous souhaiter que l'OACIQ gagne sa cause avec sa nouvelle poursuite judiciaire? Pour la protection du public, ce sera sans aucun doute une bonne chose. Pour les courtiers immobiliers, cela entrainera un X ième bouleversement dans les façons de faire. Est-ce que l'OACIQ devrait arrêter les procédures?

Retrait de l'ACI : DuP 2 vs Courtiers 0

En reconnaissant l'objectif de l'OACIQ dans sa poursuite actuelle, il est impératif de s'interroger sur la pertinence pour les Chambres immobilières du Québec de se retirer de l'ACI et ainsi perdre la notoriété du système MLS-Realtor.

Le momentum est-il bien choisi pour faire perdre des avantages aux courtiers immobiliers québécois? Rien n'est moins certain surtout avec le ralentissement économique bien réel et le resserrement des règles hypothécaires. À cela, il faut désormais ajouter la présence éventuelle de la firme de marketing immobilier à titre d'agence immobilière en bonne et due forme au sein de notre industrie.

Faisons l'exercice hypothétique suivant. DuP est forcé de devenir une agence immobilière par le jugement de la Cour. Il adapte son modèle d'affaires et recrute un certain nombre de courtiers immobiliers pour atteindre ses objectifs. Pour se donner un avantage supplémentaire sur les agences et courtiers traditionnels, il profite de son statut pour créer une Chambre immobilière affiliée à l'ACI. Cela lui donne le double avantage d'être à la fois sur Centris et sur MLS-Realtor et personne ne peut l'empêcher de jouer sur les deux tableaux!

Ainsi, non seulement ce nouveau joueur se distingue par sa mise en marché axée sur des coûts réduits pour les consommateurs mais en plus, il offre une plus grande visibilité à ces derniers, à moindre coût! Force est d'admettre que le match est inégal avec pour résultat que DuP possède une double avantage sur les courtiers immobiliers.

Dès lors, n'est-il pas pertinent de réclamer plus de transparence de la part des administrateurs de nos Chambres immobilières et de leur demander :
Où sont les conclusions des études d'impact d'un retrait éventuel de l'ACI et de la perte du système MLS-Realtor pour les courtiers immobiliers québécois?

Certains peuvent croire que j'ai imaginé un scénario improbable. Pourtant toutes les données sont là, à notre portée. Il suffit simplement de placer les cartes sur la table et d'envisager tous les scénarios potentiels. Jusqu'à maintenant, la CIGM, porte-étendard d'un retrait rapide de l'ACI, n'a jamais fait connaître les fondements de sa réflexion sur cette décision pour le moins controversée.

En tant que membre et courtier, j'attends toujours les résultats d'études d'impacts qui pourraient me donner une vision d'ensemble juste et objective. Cela permettrait à tous les courtiers de soupeser les avantages d'une option par rapport à une autre. Ce qui n'est pas le cas actuellement. Cette façon de faire aurait aussi le mérite de prévenir les contrecoups de certaines décisions, tout comme un bon joueur d'échecs essaie de parer plusieurs coups à l'avance.

Une solution adaptée au marché québécois?

Une mise en garde s'impose aux lecteurs pour ce qui suit. Ce message s'adresse aux courtiers immobiliers québécois curieux et ouverts aux pistes d'avenir potentielles afin de tenir compte des bouleversements continuels dans l'industrie.

Bien que la CIGM reproche le manque de transparence de l'ACI, cette dernière est la seule organisation au Canada à avoir entrepris voilà deux ans, une réflexion sérieuse sur la présence des AVPP dans le système de diffusion des inscriptions MLS-Realtor. Rappelons que ce processus a fait suite entre autres, aux recommandations du Bureau de la concurrence. 

En tenant compte du fait que les AVPP constituent une part de marché négligeable dans tout le reste du Canada à l'exception du Québec, les analystes de l'ACI sont arrivés à la conclusion qu'il n'y avait pas de pertinence ni d'avantages à intégrer les AVPP au MLS-Realtor.

Dans le contexte québécois où l'on constate un marché des AVPP avoisinant le 40 %, l'omniprésence d'une firme de marketing immobilier et la perte éventuelle du MLS-Realtor comme outil de diffusion, quelles seraient les conclusions d'une analyse poussée? Personne ne le sait puisque ni la CIGM, ni la FCIQ, n'ont jugé bon d'entreprendre une telle étude.

En parallèle, les commentaires de plusieurs courtiers sur les diverses plateformes depuis plusieurs mois nous indiquent un besoin criant d'actions claires pour les appuyer davantage sur le terrain. Est-ce qu'un retrait de l'ACI et la perte du MLS-Realtor doivent être vus comme une réponse aux attentes des courtiers?

Un moyen de prendre le contrôle?

Quoiqu'il en soit, les propos des courtiers m'ont amené à réfléchir sur des scénarios potentiels comme celui-ci. Il s'agit d'une idée qui a besoin d'être peaufinée et étoffée mais qui a le mérite d'amener les courtiers en mode ACTION au lieu de les laisser en mode DÉFENSIVE.

Dans le contexte précité ci-haut, le système québécois de diffusion des inscriptions Centris pourrait accueillir les AVPP selon certaines conditions : prix pour l'affichage, entente de collaboration incitant l'utilisation des services de courtiers, forfaits pour une assistance de courtiers pour les acheteurs, etc.

Les objectifs visés par cette mesure d'intégration des AVPP sont de répondre aux attentes de certains consommateurs québécois désireux de vendre par eux-mêmes, de leur faire découvrir tout le potentiel de notre important système de diffusion, de démontrer la diversité et la flexibilité de l'offre de services des courtiers immobiliers qui peuvent offrir une assistance professionnelle aux vendeurs et aux acheteurs, de diminuer l'attrait des autres sites et acteurs en marketing immobilier, de s'imposer comme la plus importante plate-forme de diffusion, etc.

Bref, il s'agit d'un moyen concret pour diminuer le potentiel d'attraction des firmes de marketing immobilier et de jouer sur notre terrain en mettant en évidence nos atouts. En effet, pourquoi les consommateurs payeraient-ils des frais de marketing alors qu'ils ont accès au meilleur système de diffusion au Québec tout en profitant d'une visibilité accrue auprès de tous les professionnels du courtage immobilier structuré?

Certes, il y a bien des éléments à examiner et à analyser pour en arriver à un produit final. Cependant, l'idée vaut la peine d'être fouillée davantage, comme sûrement bien d'autres encore, afin de tenir compte des nouveaux éléments qui ne cessent de bousculer notre industrie, ces dernières années.

Un fait demeure, les courtiers immobiliers québécois sont des professionnels qui possèdent de nombreux atouts. Il faut savoir les exploiter davantage et afficher notre confiance. Nous n'avons pas à rougir devant la concurrence. Il faut simplement se rappeler que la compétition nous oblige à être meilleurs, à nous dépasser et à revoir nos processus pour se distinguer.

Que pensez-vous de cette option? Avez-vous d'autres idées pour couper l'herbe sous le pied de nos concurrents? Croyez-vous que l'OACIQ devrait suspendre ses procédures judiciaires? Le momentum est-il bien choisi de quitter l'ACI et diminuer nos moyens de diffusion?

Au plaisir de vous lire et d'échanger entre nous.
 


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