La guerre ouverte de la CIGM contre l'ACI fera-t-elle gonfler les cotisations des courtiers?

Vendredi, 4 octobre 2013

 
 
 


Quelques semaines à peine après avoir imposé une cotisation spéciale de 135 $, à laquelle les membres ne peuvent s’objecter, la CIGM reprend son combat contre l’ACI en signifiant son avis de retrait au 31 décembre prochain.

Curieusement, l’un de ses principaux arguments pour se désaffilier de l’Association canadienne de l’immeuble (ACI) est justement la hausse des cotisations de l’organisme pancanadien. Comment peut-on se plaindre de ce fait alors que le conseil de la Chambre immobilière du Grand Montréal (CIGM) a décidé unilatéralement d’une hausse de 135 $, soit plus de 12 % de la cotisation annuelle. Pourquoi le conseil d’administration a-t-il attendu quatre mois après l’assemblée générale annuelle pour exiger de tels frais?

La CIGM s’engage-t-elle à réduire la cotisation annuelle des courtiers?

Mieux encore, comment la CIGM peut-elle prétendre défendre le dossier des courtiers qui doivent désormais payer des formations obligatoires à 150 $ et/ou 300$ pièce alors qu’elle-même, elle impose des cotisations surprises à ses membres?

Dans un tel contexte, puisque la hausse passée des cotisations de l’ACI est inacceptable aux yeux des  membres du conseil d’administration de la CIGM, ces derniers sont-ils prêts à prendre l’engagement formel par écrit, de diminuer d’autant la cotisation annuelle des courtiers membres sans une diminution de services?

Le grand ménage dans les structures administratives passe par le « dégraissage » de la CIGM

En se fiant aux arguments avancés ces derniers mois par la CIGM quant à la pertinence de diminuer la lourdeur administrative des grands ensembles comme l’Association canadienne de l’immeuble(ACI), les administrateurs ont-ils entamé leur processus pour « dégraisser » leur propre structure, couper dans le gras et réduire les frais de la CIGM? Bref, sont-ils prêts à donner l’exemple et faire le ménage dans leur propre cour?

Ne pourrions-nous pas également, quant à éliminer les grands ensembles, se retirer de la Fédération des Chambres immobilières du Québec (FCIQ), et ainsi réduire du même montant, la cotisation des courtiers?

En parlant toujours de lourdeur administrative et de déséquilibre régional, thèmes particulièrement prisés par Claude Béland, consultant auprès du conseil d’administration actuellement, pourquoi les dirigeants de la CIGM ne proposent pas de se scinder en trois entités autonomes (Rive-Nord, Montréal, Rive-Sud)? Se faisant, on éviterait les disparités énormes entre les chambres. En effet, qu’est-ce qui légitime que la CIGM doit être 7 fois plus imposante que la seconde chambre en importance ou pire encore, 60 fois plus que certaines autres chambres?

Est-ce sain de réclamer aux autres ce que l’on ne « peut ou ne veut » offrir à ses propres membres?

Selon le conseil d’administration de la CIGM, l’autre raison qui motive pleinement le retrait de l’ACI est l’impossibilité d’avoir accès à des services à la carte. Si la CIGM tient tellement à ce type d’approche, est-ce à dire qu’elle est prête à l’offrir à ses propres membres? Je connais bon nombre de courtiers immobiliers qui n’ont pas besoin de tous les services offerts par la CIGM et qui seraient bien heureux de pouvoir payer les services de leur choix, à la carte. Cela leur permettrait d’économiser un peu plus.

À venir jusqu’à maintenant, la CIGM semble être abonnée à la critique constante envers l’ACI, sans pouvoir faire état de ses capacités à relever les mêmes défis à l’égard de ses propres membres, notamment au chapitre de la transparence. La récente communication du président Juanéda nous en fournit à nouveau des preuves.
  • « Votre conseil d’administration a bien évalué la situation et considère qu’à ce stade-ci, il y a plus de risques et de désavantages que de bénéfices à maintenir notre adhésion à l’ACI. »
Où est le tableau des « pour » et des  « contre » pour présenter clairement le raisonnement des administrateurs? Sur quels faits réels, les membres peuvent-ils faire leur propre analyse? N’ont-ils pas droit à une présentation objective?

  • Le retour sur les résultats de la consultation des membres, effectuée à l’automne dernier et la façon de tenir cette consultation nous amènent à croire que l’on peut bien faire dire ce que l’on veut aux chiffres. Ainsi, « Votre conseil a donc agi en se basant sur le fait que 72 % des membres ont rejeté le statu quo, que ce dossier a assez duré… »
Il faut se rappeler que 59,7 % des courtiers ont opté, soit pour rester membre de l’ACI (28,2 %), soit pour reporter la décision à plus tard afin d’obtenir toutes les informations pertinentes (31,5 %)*. Bref, 40 % seulement des courtiers consultés ont donné leur aval à un retrait, ce qui n’accorde pas une majorité absolue au conseil pour prendre la décision de se retirer… sans compter qu’il s’agissait d’une consultation et non d’un référendum ou vote formel.
  • Enfin, j’aimerais vous partager mon expérience vécue lors de la dernière assemblée générale annuelle de la CIGM. À la question si la CIGM avait l’intention de consulter les membres à nouveau avant de décider ou de procéder au retrait de l’ACI, le président m’a alors répondu affirmativement.
Dans la missive transmise cette semaine, on reste pour le moins très vague sur une éventuelle consultation des membres, consultation qui risque d’être inutile si la CIGM et l’ACI ne fournissent pas les renseignements pertinents aux membres. Est-ce que la CIGM tiendra vraiment parole en faveur d’une véritable consultation pour permettre aux membres de vivre un processus démocratique et ce, en toute transparence?
 
Comment le retrait de l’ACI aidera les courtiers immobiliers face aux défis actuels?

Au-delà de ces récriminations et questions de principe, il y a des faits qui ne doivent pas être oubliés par tous les courtiers immobiliers dans la situation actuelle :
  • Pendant que la CIGM concentre ses énergies pour pour contrer l’ACI, que fait-elle pour aider les courtiers immobiliers sur le terrain alors qu’ils font face aux plus grands défis qu’ils ont eu à relever ces 15 dernières années?
  • En quoi, quitter l’ACI à ce moment-ci peut renforcer la position des courtiers immobiliers québécois face aux concurrents issus de grands empires et contrecarrer les répercussions de l’Internet?
  • Comment croire à la volonté de la CIGM de défendre les intérêts des courtiers alors que la seule solution envisagée actuellement pour aider les membres est d’augmenter le budget de la campagne publicitaire en imposant une cotisation spéciale?
Il faut bien le dire, l’automne 2013 avec son lot de mauvaises nouvelles pour les courtiers, semble vouloir paver la route pour un « automne érable ». Il est clair dans l’esprit de plusieurs que les instances en place ont des agendas cachés qui n’ont rien à voir avec les intérêts des courtiers. Faudra-t-il que les courtiers créent leur propre association pour enfin être entendus?

Comment voyez-vous tout ce qui se passe présentement? Partagez-nous vos commentaires et réflexions!


*Message de la CIGM du 28 septembre 2012

Pour en savoir plus sur le débat amorcé en 2012, consultez les articles publiés à cette époque.

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