Le courtage immobilier risque-t-il de devenir une industrie de « commodité »?

Mardi, 13 août 2013

 
 
 


Quels enjeux importants de la profession de courtier immobilier devraient être analysés? Voilà l'une des motivations de l'opération planification stratégique de l'Organisme d'autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ) qui entend également dégager ses priorités pour les trois prochaines années.

Avant de répondre à ce sondage, cette opération nous oblige à réfléchir sur les véritables enjeux de notre industrie. Du moins, cette invitation a eu cet effet pour moi.

Dans la perspective des nombreux commentaires publiés à la suite de mes récents articles sur la pertinence de publiciser nos taux de commission, il me semble évident de poursuivre les échanges et les discussions en profondeur.

Des paradoxes qui forcent la réflexion
À l'heure actuelle, l'augmentation de la valeur des propriétés, l'importance de cet actif dans la planification financière d'un individu et d'une famille, la panoplie de règlements et d'usages dont les recours judiciaires, sont venus complexifier et ajouter de nombreux risques à la transaction immobilière.

Paradoxalement, malgré cette complexification, l'industrie du courtage immobilier n'arrive pas à démontrer ses fortes valeurs ajoutées. Au contraire, on constate une profusion d'offres en lien de plus en plus avec un taux de commission minimal.

Comme l'a si bien rappelé le professeur Jacques Nantel, conférencier au Sommet de l'immobilier, « l'industrie du courtage immobilier risque de devenir une industrie de « commodité », comme celle des assurances. » On parle ici d'une industrie de consommation courante, c'est-à-dire d'un produit standardisé et courant sur lequel les acteurs concernés se concurrencent uniquement sur le prix.

Des signes avant-coureurs qui risquent de faire mal…
Selon le professeur Nantel, il faut deux conditions pour mener une industrie vers cette catégorisation « d'industrie de commodité ».

1.       Le propriétaire vendeur ne voit que le pourcentage (%) de la commission exigée en se demandant comment faire pour la réduire au minimum et même ne pas avoir à la payer.
2.       L'acheteur ne paie pas pour les services obtenus.

Comme on peut le constater, l'industrie du courtage immobilier se retrouve en plein dans un processus qui pourrait la mener vers cette catégorisation. Dans un domaine complexe tel que le courtage immobilier, Jacques Nantel affirme qu'une telle situation « serait néfaste tant pour l'industrie que pour les consommateurs ».

Dès lors, il est primordial de bien comprendre l'essence même du débat autour de la publicité des taux de commission. Il ne s'agit pas ici d'imposer des modèles d'affaires ou d'interférer dans les modèles d'affaires de chacun. Il faut plutôt pousser plus loin notre réflexion et s'interroger sur les conséquences de réduire le travail du professionnel en courtage immobilier au seul taux de commission. Des conséquences dont nous payons le prix déjà et qui risquent d'être encore plus lourdes dans le futur si nous laissons courir la situation sans poser des gestes clairs.

Il n'est pas trop tard pour agir…
La bonne nouvelle c'est qu'un spécialiste du marketing de la trempe de Jacques Nantel est capable de nous dire que nous pouvons changer les choses et qu'il n'est pas trop tard pour agir. Il nous faut tout d'abord une volonté.

Une volonté d'analyser tous les aspects pas seulement ceux qui font notre affaire. Une capacité à poser des gestes concrets pour dresser les jalons de notre réussite future et ce, dans un esprit de collaboration où tous les courtiers immobiliers, toutes bannières confondues, devraient s'engager.

Actuellement, il faut se rendre à l'évidence, tout concourt à complexifier notre domaine d'intervention, pourtant tous les services du genre kijiji, DuP et autres vendeurs à escompte gagnent du terrain.

Le constat est clair. La présentation de notre valeur ajoutée ne passe tout simplement pas aux yeux du public.

Il nous faut s'interroger pourquoi cela ne fonctionne pas et vérifier notre positionnement en tant qu'entité collective professionnelle.  Il nous faut mieux définir notre valeur ajoutée, mieux faire valoir notre avantage comparatif et mieux les présenter.

Un enjeu de taille qui oblige à une réflexion
Est-ce que l'exercice de planification stratégique de l'OACIQ est un bon moyen pour faire passer notre message? Je suis porté à croire que oui dans la mesure où chacun prend le temps nécessaire pour accomplir cette tâche qui nécessite une certaine réflexion.

Mais au-delà de cet exercice, il faut se donner une plateforme d'échanges et faire évoluer le débat. Souhaitons-nous faire partie d'une industrie de « commodité »? Ne s'agit-il pas ici d'un enjeu de taille pour tous les courtiers? Dès lors, n'est-il pas opportun de réclamer de l'OACIQ une règlementation de la publicité concernant l'affichage des taux de commission ou à tout le moins des mesures pour éviter de nourrir notre descente vers l'univers d'une industrie de « commodité »?

Vos commentaires et réflexions sont importants pour faire évoluer le débat. N'hésitez pas à nous partager vos idées.


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