Les agents immobiliers sont-ils trop payés?

Dimanche, 20 mai 2007

 
 
 


La question soulevée lors de la dernière assemblée générale annuelle de l'Association des courtiers et agents immobiliers du Québec (ACAIQ) vaut la peine que l'on s'y arrête vraiment et que l'on crève l'abcès, plutôt que de traiter le sujet superficiellement. Il est en effet très curieux de constater que personne dans l'industrie du courtage immobilier ne s'est donné la peine par le passé et, encore aujourd'hui, d'expliquer son fonctionnement pour mieux protéger le public et du même coup, briser les mythes entourant la fonction d'agent immobilier.

En ce qui concerne la préoccupation légitime des consommateurs, à savoir si les agents immobiliers sont trop payés, il est normal de concevoir qu'un taux de commission oscillant entre 5 % et 7 % puisse paraître exorbitant aux yeux de plusieurs. Compte tenu de l'augmentation constante de la valeur des maisons ces dernières années, le pourcentage de la commission semble élevé, du point de vue des consommateurs qui recherchent, depuis toujours, le plus bas prix, en toutes circonstances.

D'un point de vue froid et calculateur, on peut donc croire que les agents immobiliers sont trop payés. Mais dans la vraie vie, est-ce vraiment le cas? Dans l'effervescence des dernières années dans l'immobilier, le taux moyen de commission a subi des pressions à la baisse pour de multiples raisons, à un point tel que même le franchiseur Royal Lepage admettait, en décembre dernier, que le taux de commission maintenant versé aux agents tournait davantage autour de 5 %.

Ainsi, il est faux d'entretenir le mythe qu'il existe un seul taux de commission en vigueur, soit celui de 7 %. L'industrie, comprenant tant l'ACAIQ, les chambres immobilières, les franchiseurs que les agents immobiliers, aurait tout intérêt à mettre cartes sur table et bien expliquer le fonctionnement de notre industrie. Les consommateurs, mieux informés, se sentiraient ainsi moins floués…



Payer tous les frais et être rémunéré juste au résultat!

Le premier mythe à déboulonner est sans contredit celui concernant la rémunération des agents immobiliers. Qui, aujourd'hui accepterait comme travailleur ou professionnel, d'être payé uniquement au résultat même s'il doit préalablement investir temps, connaissances et argent?

Faut-il rappeler que l'agent immobilier est lié par contrat au seul propriétaire vendeur. Il a alors le mandat de vendre la propriété au meilleur coût possible et dans les meilleurs délais. Pour ce faire, il fait équipe avec le propriétaire vendeur pour optimiser les avantages de la propriété et investit dans une mise en marché dynamique.

Cette campagne coûte de l'argent, de l'argent avancé par l'agent immobilier qui espère récupérer son investissement au moment de la vente. Pas de vente résulte en aucun revenu pour l'agent même s'il a dépensé quelques milliers de dollars en publicité, en moyens promotionnels et ce, sans compter son temps.

En outre – et on se garde bien de le souligner publiquement–, l'infidélité de certains consommateurs, vendeurs ou acheteurs, coûte également très cher aux agents immobiliers qui sont bien plus souvent floués par les consommateurs que le contraire… Ce n'est évidemment pas ce qui ressort des manchettes des journaux… Non pas qu'il ne faut pas dénoncer les cas d'abus de certains agents, mais ces derniers constituent tout de même une infime minorité (à peine une vingtaine sur les 16 000 agents en règle, inscrits à l'ACAIQ, présentement).
 
 
Quatre à cinq transactions par année ne nourrissent pas fort son homme…

Enfin, il faut également se rappeler que le surplus d'agents immobiliers au Québec (plus de 16 000) crée une compétition vive qui influence bien sûr le taux de commission, mais surtout provoque bien des désillusions. Le mythe entretenu par les franchiseurs à l'effet qu'on fait de l'argent comme de l'eau en courtage immobilier est à dénoncer au plus vite.

Dans les faits, malgré l'effervescence récente, les agents immobiliers réussissent à conclure en moyenne à peine quatre à cinq transactions annuellement. Cela procure un revenu pas aussi reluisant que l'on croie, puisque généralement, l'agent partage la commission avec un collaborateur. En effectuant le calcul sur la base du partage moitié-moitié de la commission, cela donne un revenu annuel de 35 000 $ duquel il faut déduire les frais de bureau, de publicité et les autres éléments dépensés tant pour la propriété vendue que pour toutes les autres non vendues et pour les démarches réalisées avec les acheteurs. On est loin de l'eldorado promis par les franchiseurs…

Dans les circonstances, on peut comprendre facilement que les agents immobiliers présents aient déclaré d'un seul souffle qu'ils n'étaient pas trop payés pour leurs services!

Au fait de tous ces éléments, les franchiseurs, bien représentés à cette assemblée générale, ont affiché une indifférence totale. On peut les comprendre. Ils se soucient davantage de leur habileté à recruter le plus d'agents possible que des préoccupations de leurs propres agents. Car, plus ils en recrutent, plus ils empochent de redevances lucratives provenant de chacun des adhérents à leur bannière.

Tout service professionnel de qualité a son prix. Lorsqu'on sait que la propriété constitue parfois l'essentiel du patrimoine familial, il est primordial de le protéger. C'est le rôle de l'agent immobilier professionnel. Au consommateur de le choisir avec soin en se basant non pas uniquement sur le taux de commission exigé, mais surtout selon la qualité des services-conseils qu'il peut rendre et de ses années d'expérience.


 

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