Membres de la CIGM, protégez vos intérêts! Aucune baisse de cotisation en quittant l'ACI, perte du MLS et des coûts supplémentaires…

Vendredi, 31 août 2012

 
 
 


Les courtiers membres de la Chambre immobilière du Grand Montréal (CIGM) perdront l’accès à de nombreux outils et avantages offerts par l’ACI dont le MLS et ne bénéficieront d’aucune économie de cotisation en votant en faveur de quitter l’Association canadienne de l’immeuble (ACI). C’est ce qu’a confirmé le président de la CIGM, M. Patrick Juanéda lors de la rencontre d’information organisée pour les directeurs des agences membres, le mardi 28 août.
 
En effet, ce dernier a mentionné que le montant de la cotisation pour l’ACI, soit 310 $ (à peine 85 cents par jour) sera détourné vers le fonds consacré à la publicité pendant les deux prochaines années. « Après, on verra! », a-t-il ajouté sans fournir d’autres explications sur les possibles réductions ou augmentations de cotisation des membres.
 
La rencontre à laquelle participait seulement une quinzaine de dirigeants d’agences, membres de la CIGM, a servi uniquement à présenter les arguments de la Chambre puisqu'aucun représentant de l’ACI n’avait été invité pour exposer leur position. Dans un discours bien ficelé, appuyé d’une présentation PowerPoint qui devrait être acheminée à tous les membres de la CIGM, nous a-t-on dit, le président Juanéda a présenté une position à sens unique, qui semble oublier carrément la perspective du courtier immobilier sur le terrain, du moins à mon humble point de vue.
 
 

Une position à sens unique qui nuit aux courtiers? 
  1. En effet, avec une telle prise de position formelle et publique en faveur d’un départ de l’ACI, on peut mieux comprendre que la Chambre immobilière du Grand Montréal n’a jamais cru bon d’informer ses membres de l’existence de plusieurs outils pratiques et distinctifs offerts par l’ACI, depuis 2010.
 
  1. Parmi ces outils hyper performants et utiles pour aider les courtiers immobiliers québécois à se distinguer, on retrouve les applications mobiles pour téléphones intelligents Realtor.ca (volet résidentiel) et ICX.ca (volet commercial). La fiche de l’inscription du client est ainsi disponible facilement et en tout temps à tous les acheteurs potentiels lors de leur visite dans un secteur via leur téléphone. Il a été démontré dans les récentes études que les consommateurs emploient désormais davantage leur téléphone intelligent pour accéder à l’Internet. Les applications mobiles grand public sont donc devenues incontournables. Pourquoi la CIGM n’a pas jugé bon de publiciser aux membres l’existence de ces outils depuis leur création? Pourquoi les courtiers immobiliers québécois devraient-ils se priver de tels outils?
 
  1. Saviez-vous par ailleurs que chaque courtier a accès à de nombreuses statistiques, notamment le nombre de visiteurs sur chaque fiche d’inscription avec le système MLS mis en place par l’ACI? Connaissez-vous tous les autres moyens mis à la disposition des membres par l’ACI (Lien Immobilier)?
 
  1. Le deuxième élément qui me fait croire que la CIGM a oublié de tenir compte de la perspective des courtiers est la création, désormais officielle, de deux classes de courtiers immobiliers au Québec : les « avec MLS » et les « sans MLS ». Ce sera au courtier immobilier travaillant sur le terrain d’expliquer au consommateur, la différence entre son confrère qui peut offrir la marque de commerce MLS et lui pas! Cette situation ne sera pas facile à faire comprendre d’autant plus que les firmes de marketing immobilier vont en faire leurs choux gras! Imaginez par exemple Dup… et ViaProprio annoncer que les courtiers ne collaborent plus ensemble! C’est donc encore une fois le courtier immobilier sur le terrain qui devra faire face à la musique et clarifier la situation auprès des consommateurs qui risquent d’être plus mêlés que jamais. La situation sera d’autant plus difficile que dans la même région, on pourra retrouver des courtiers membres de la CIGM qui seront également membres de l’ACI, en déboursant une cotisation supplémentaire. La CIGM aura donc réussi à rendre visibles les deux classes de courtiers, ceux qui ont les moyens de payer une double cotisation de ceux qui ne l’ont pas! Où se situe le bien commun de tous les courtiers dans ce processus?
 
  1. Un autre des aspects qui alimente ma perception est l’affaiblissement irrémédiable de l’image du professionnel du courtage immobilier. Alors que l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ) gère une campagne publicitaire nationale d’envergure à même nos cotisations, pour positionner le courtier immobilier comme un véritable professionnel de l’immobilier, la décision de la CIGM vient carrément détruire cette nouvelle image de marque du courtier, en créant de toutes pièces, deux classes de courtiers. Comment peut-on clamer travailler aux intérêts des courtiers en posant des gestes qui comportent des risques sérieux pour l’avenir des courtiers, comme l’a souligné M. Juanéda? Cela dépasse l’entendement.
 
 
Une fausse urgence aux conséquences désastreuses?
 
Le discours bien orchestré des dirigeants de la CIGM lors de cette rencontre a eu le mérite de mettre en évidence une situation anormale à un moment dans notre société où l’on incite les dirigeants à des principes de bonne gouvernance et de transparence. La rencontre n’a pas davantage éclairci la question de l’échéancier serré qu’impose la CIGM à ses membres. En effet, mis à part le fait que chaque chambre doit fournir un avis avant le 30 septembre pour quitter l’ACI, sinon son adhésion est automatiquement renouvelée pour l’année suivante, le président Juanéda s’est montré avare de commentaires pour expliquer ses motivations de quitter absolument l’ACI en 2013.
 
En résumé :
  1. La CIGM caresse l’idée de se séparer de l’ACI depuis 2010, selon les dires de M. Juanéda.
     
  2. Ce dernier affirme que cette décision de rester ou de quitter l’ACI « comporte des risques sérieux pour l’avenir »
     
  3. Malgré tout, la CIGM n’a jamais jugé bon de demander une étude d’impacts sur cette décision qui affectera l’avenir des courtiers. Ce type d’étude aurait pu fournir le coût financier de cette opération pour les courtiers québécois qui devront payer aussi cher ou même plus cher s’ils veulent conserver le service MLS. Chose certaine, à la lumière des propos de M. Juanéda, ils ne paieront pas moins cher! Cette même étude d’impacts aurait pu évaluer les conséquences directes et indirectes de cette décision dans l’industrie, sans oublier ses effets sur les perceptions des consommateurs. Pourquoi, en deux ans de réflexion, la CIGM n’a-t-elle pas cru bon de commander une telle étude? Ce n’est sûrement pas à cause de l’argent… alors qu’est-ce qu’on veut nous cacher? Pourquoi ne pas clairement identifier ces risques sérieux et fournir un portrait global objectif de la situation aux courtiers membres?
     
  4. Toutes les instances de l’industrie immobilière au Québec et au Canada se réjouissent des travaux en cours dans le cadre du Sommet de l’immobilier au Québec et du long processus de consultation « Façonner notre avenir » de l’ACI. Ces démarches en parallèle devraient déboucher sur des pistes de solution permettant de dynamiser l’industrie du courtage immobilier et contribuer à l’essor des courtiers. Dès lors, il est difficile de comprendre la décision de la CIGM de priver ses membres des retombées de la consultation canadienne. De plus, une telle précipitation dans les actions de la CIGM vient carrément jeter un pavé dans la marre au sein de notre industrie québécoise, en brisant la belle unanimité développée à ce jour. Il n’est pas certain que l’on puisse y voir une contribution « constructive pour l’avancement de notre profession » comme me l’a écrit M. Normand Racine, président de la FCIQ. En somme, cette position de la plus grande chambre immobilière du Québec a des impacts sur le bien commun de toute l’industrie québécoise. C’est à se demander s’il est normal de permettre à cette dernière de dicter ses volontés à toutes les autres chambres sous le seul prétexte qu’elle compte davantage de membres.
     
  5. Dans le contexte où le conseil d’administration de la CIGM réfléchit depuis deux ans à cette situation, pour en arriver aujourd’hui, à cette prise de position non négociable de quitter l’ACI, il est curieux d’imposer un processus de réflexion ultra rapide aux courtiers membres. En effet, après avoir participé aux rencontres d’information de la semaine prochaine, les membres seront appelés à voter sur cette question sans autre délai. Comment peut-on imposer à des individus de choisir, en quelques jours, alors que les dirigeants ont pris tout leur temps pour réfléchir sur le dossier en ayant davantage accès aux renseignements?
     
  6. En terminant, une récente nouvelle vient encore une fois appuyer le fait que le momentum est bien mal choisi pour créer une zone de turbulence dans l’industrie immobilière québécoise. Corporation Sun Media, une filiale de Québecor Média inc., lancera, le 5 septembre prochain, le site Web ViaProprio.ca, un nouveau joueur de la trempe de Dup… Une compétition féroce qui s’intensifie dangereusement. Sachant cela, peut-on affirmer que le conseil d’administration de la CIGM se soucie réellement des enjeux et des répercussions d’une telle décision pour le courtier immobilier sur le terrain?
 
Vous en conviendrez, il s’agit là de façons de faire qui ne s’apparentent guère à des principes de bonne gouvernance et de transparence. La situation est d’autant plus particulière que la CIGM s’est placée en position de juge et partie, en décidant de gérer elle-même son processus de consultation tout en s’affichant en faveur d’une seule option. C’est tout à fait inhabituel dans les annales de grandes organisations publiques. Pourquoi la CIGM ne reporterait-elle pas sa décision à l’an prochain, après la réalisation d’une étude d’impacts et les résultats des deux consultations en cours? Il n’y a aucune urgence à quitter l’ACI dès 2013, si l’on se fie à l’absence d’explications valables de M. Juanéda, à moins d’un agenda caché.
 
En espérant que nos dirigeants se recentrent sur la notion du bien commun, il est impératif que tous les courtiers immobiliers, membres de la CIGM, participent aux rencontres d’information, posent des questions, exercent leur sens critique pour ne pas se laisser mener en bateau par des dirigeants qui ne cachent plus leur parti-pris, sans fournir la moitié des réponses aux interrogations légitimes des membres. La question existentielle demeure : comment l’actuelle décision de la CIGM protège-t-elle les intérêts de tous les courtiers sur le terrain?
 

Car il ne faut pas oublier l’équation :


Retrait de l’ACI =
  • Perte des outils et de reconnaissance MLS
  • Mêmes frais annuels de 310 $
  • Création de deux classes de courtiers
  • Plus de munitions à Dup… et ViaProprio
  • Frais additionnels pour « les » MLS 
  • Difficultés sur le terrain...
 
Pensez-y!

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