Pourquoi ne pas organiser des États généraux de l'immobilier?

Mardi, 15 mars 2011

 
 
 


Consultation sur les enjeux et problématiques

La Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ) semble déterminée à tenir un Sommet de l'immobilier, réunissant uniquement les élus siégeant aux divers conseils d'administration des diverses chambres immobilières au Québec. Tout au plus, une centaine de personnes participeront à cet exercice de réflexion, selon les responsables de la Fédération, qui se félicitent de leur démarche.

Il s'agit, à n’en pas douter, d'une heureuse initiative, comme je l'ai déjà souligné. Certains diront qu'il était temps. D'autres jugeront qu'il est malheureux qu'un organisme destiné à défendre les intérêts de ses membres n'ait pas réagi plus rapidement et surtout, qu’il n'ait pas cru bon de planifier une démarche de consultation élargie, impliquant tous les membres.

À ce propos, il serait louable et plus pertinent que jamais, d'organiser d'une façon transparente et neutre, des États généraux de l'immobilier, sur le même principe que la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables. Ce processus de consultation auprès des courtiers immobiliers québécois aurait le mérite de donner la parole aux praticiens tout en laissant le soin à des spécialistes de structurer le processus et d'analyser les données, sans aucun parti pris. Les données recueillies ainsi pourraient par la suite être présentées à tous les membres aux fins de discussion et de décision en assemblée générale.

Il est évident qu'un tel processus exige du temps. Il repose sur le désir de correspondre le plus possible à la réalité de la base. Il est aussi l'expression d'une volonté ferme de trouver des solutions adaptées et concrètes afin d'améliorer le sort des courtiers immobiliers québécois.

En attendant que l'idée fasse son chemin, il me semble opportun de rappeler aux élus qui participeront à ce Sommet, leur devoir de veiller au bien commun de l'ensemble des membres et de la profession. Il est tout aussi important de les sensibiliser aux nombreux enjeux et problématiques perçus et ressentis par les courtiers, œuvrant sur le terrain.

J'ai d'ailleurs la ferme intention de signaler certains de ces éléments lors de ma rencontre prochaine avec le chef de la direction de la FCIQ et le président de la Chambre immobilière du Grand Montréal (CIGM).



Un élément déclencheur

La récente cause opposant l'OACIQ (Organisme d'autoréglementation du courtage immobilier du Québec) à la firme Du Proprio a fait ressurgir un malaise croissant. Il a aussi mis en évidence, la perte constante des parts de marché en faveur de nombreux joueurs tiers qui ont rapidement mis à profit les facilités technologiques et l'ouverture du marché québécois. Les statistiques de la FCIQ dévoilées par Le Journal Les Affaires (12 mars 2011) révèlent d'ailleurs que le nombre de transactions par agent est passé de 6,5 à 5,2 entre 2007 et 2010.

Au-delà de l'aspect légal, le problème soulevé par Du Proprio reste entier. Encore davantage avec leur campagne publicitaire où l'on caricature l'action d'un professionnel de courtage immobilier, tout en occultant le rôle-conseil majeur qu'un courtier apporte au consommateur lors d'une transaction immobilière. Est-ce que la Chambre des notaires aurait passé sous silence toute campagne publicitaire d'un tiers venant ridiculiser ou entacher la réputation de ses membres? J'en doute fortement. Et vous?

Cette situation confirme toutefois une des premières problématiques auxquelles l'industrie est confrontée.

1. La méconnaissance du public et des journalistes quant au véritable rôle d'un courtier immobilier dans la transaction immobilière.

2. Cette méconnaissance nourrit par ailleurs la perception erronée des consommateurs et la mauvaise image des courtiers à leurs yeux.
3. La diminution constante des revenus des courtiers s'impose désormais comme le problème de l'heure en 2011.

4. En parallèle à la diminution de leurs revenus, les courtiers subissent des augmentations constantes de leurs coûts (cotisations aux instances, chambres immobilières locales, OACIQ , redevances, frais de représentation et publicité, etc.).

5. Le surnombre de courtiers est une autre problématique majeure. Avec quelque 19 500 courtiers titulaires de permis officiels, il est facile de comprendre que le modèle d'affaires proposé par les franchiseurs à la fin des années soixante-dix a atteint la limite de sa viabilité. Dans le marché québécois du courtage immobilier où l'on a toujours reconnu le fait que la part des AVPP (à vendre par le propriétaire) était plus importante qu'ailleurs (entre 40 % et 50 % au lieu de 10 % à 20 % en Amérique du Nord), il est évident que l'arrivée des modèles du genre Du Proprio et des sites tiers a eu un impact, réduisant d'autant le nombre de transactions immobilières réservées aux courtiers.

6. La multiplication des sites tiers et surtout l'omniprésence des groupes médiatiques derrière certains de ces sites les plus connus soulèvent des questions et nous obligent à réfléchir sur nos moyens d'action.

7. La notion de représentativité des courtiers au sein des diverses instances s'insère aussi dans la liste des enjeux à cause de l'influence des décisions sur la vie professionnelle de tous. Dans le contexte actuel, il est essentiel que les praticiens, ceux et celles qui travaillent au quotidien dans le courtage immobilier puissent faire entendre leur voix et celles de leurs collègues qui vivent les mêmes difficultés. Pourquoi ne pas réserver ces sièges uniquement aux courtiers praticiens?

Voilà brièvement certaines des problématiques les plus criantes sur lesquelles la confrérie des courtiers immobiliers doit se pencher avec une ouverture d'esprit et une détermination à faire avancer les choses pour que tous les artisans, à commencer par le courtier lui-même, fassent partie intégrante de la solution. Nous avons tous intérêt à faire connaître notre vision de la situation et à identifier les enjeux et problèmes avec toutes les questions que cela soulève. La création d'une plate-forme blogue accessible aux courtiers pourrait faciliter les échanges entre courtiers. Elle aurait le mérite de contrebalancer l'absence de consultation dans le cadre du Sommet et permettrait de nourrir l'éventuel processus des États généraux de l'immobilier

Tout en partageant vos commentaires, réactions, identification des enjeux et solutions pour nourrir les réflexions des élus au Sommet, je vous invite à réclamer de la Fédération, la mise sur pied d'un blogue, ouvert aux praticiens, sans censure et l'enclenchement du processus transparent des États généraux.

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