Précisions à l'article « Guerre de commission chez les agents immobiliers »

Mardi, 4 octobre 2011

 
 
 


Les médias parlent souvent de guerre de commission dans le courtage immobilier. Le président fondateur du Réseau des courtiers immobiliers indépendants du Québec (RCIIQ.com) tient à apporter quelques précisions sur les divers modes de rétribution des courtiers immobiliers. Il invite du même coup à révéler une facette trop souvent ignorée du public et qui a pourtant une incidence importante.


Saint-Hubert, le 4 octobre 2011
 

Madame Caroline Pailliez,
Journaliste
TVA Nouvelles
caroline.pailliez@tva.ca



Madame Pailliez,

Une mise au point s'impose à la suite de la diffusion de votre article sur l'arrivée d'une nouvelle agence de courtage immobilier. En effet, il est particulier d'insister sur une soi-disant guerre de commission alors qu'au Québec, il existe plusieurs modèles de rétribution pour rémunérer les courtiers immobiliers. Dans les faits, le courtage immobilier au Québec respecte les principes de la Loi sur la libre concurrence.

Les courtiers immobiliers (le terme agent immobilier n'est plus employé depuis l'adoption de la Loi sur le courtage immobilier en mai 2010) sont donc libres de proposer le modèle d'affaires qui leur convient le mieux en adoptant des formules à forfait, à frais fixes, à taux horaires ou à pourcentage. C'est un fait indéniable qui remonte à très longtemps au Québec. C'est donc aux consommateurs québécois de choisir leur courtier en fonction de la qualité des services offerts et du mode de rétribution proposé.

La présence de ces nombreux modèles d'affaires est évidemment bénéfique pour les consommateurs. Il serait donc tout à fait à propos de renseigner davantage les consommateurs sur cet éventail de possibilités leur permettant assurément de trouver la formule qui correspond le mieux à leurs attentes.

En ce qui concerne plus spécifiquement l'un des modèles d'affaires basés sur les taux de commission, il m'apparaît important de signaler un aspect trop souvent ignoré. La face cachée dans les taux de commission réside dans la portion de rétribution offerte aux courtiers collaborateurs. Les consommateurs sortent gagnants dans cette approche, tant et aussi longtemps que le partage de rémunération est équitable entre les courtiers. Si ce n'est pas le cas, les consommateurs risquent d'en payer le prix.

Il faut se rappeler que le courtage immobilier au Québec fonctionne sur la base de la collaboration. En réduisant le taux de rétribution prévu pour une transaction, on réduit inévitablement celui du courtier collaborateur. Il est logique de supposer qu'une baisse de revenu provoque automatiquement une diminution évidente de collaboration. Le bassin d'acheteurs potentiels étant diminué, on peut facilement supposer que le prix de vente de la propriété le sera également. On est en droit aussi de prétendre que la période de mise en vente sera prolongée. Il s'agit là des résultats du principe de l'offre et de la demande, reconnu de tous.

Pour le bien des consommateurs, il faut absolument éviter que le partage de la rétribution soit inéquitable. D'ailleurs, c'est pour cette raison que l'Organisme d'autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ) a imposé, en 2010, la signature d'une annexe transitoire au contrat de courtage. L'une des clauses de cette annexe stipule que « l'agence ou le courtier s'engage à collaborer avec tout autre agence ou courtier qui en fait la demande notamment en partageant sa rétribution, […] de façon à ne pas compromettre la réalisation de la transaction visée. »

On comprend bien qu'un partage de la rétribution dont « les conditions seraient déraisonnables envers les autres agences ou courtiers pourrait avoir comme effet de diminuer l'intérêt de ces derniers à proposer l'immeuble ou l'entreprise à leurs clients. » Cette clause démontre l'important apport du courtier collaborateur dans la transaction immobilière qui contribue grandement à augmenter l'affluence d'acheteurs sur les propriétés mises en vente.

Pour revenir au sujet de votre article soulignant l'arrivée d'un nouveau joueur dans le courtage immobilier, force est de constater qu'il s'agit d'un modèle déjà existant sur le marché. Ce genre de modèle attire une clientèle spécifique. Ainsi, l'apparition d'un joueur de la même trempe ne fait que diviser leur bassin de clients potentiels.

En terminant, je tiens à préciser un point que je juge tout aussi important. Le consommateur, lorsqu'il voit une publicité où l'on affiche un taux de rétribution exceptionnellement bas, du genre « À partir de 1 % », croit qu'il ne paiera qu'un pourcent de rémunération. Or, des frais « cachés » viennent souvent se greffer à la transaction. Cette stratégie de marketing crée de l'ambigüité chez les consommateurs en jouant avec les chiffres. Elle nuit également à l'ensemble de la profession. Les consommateurs peuvent être confondus facilement avec cette guerre de chiffres sans pour autant être au cœur d'une guerre de commission puisqu'ils ont accès à de nombreuses options.

Dans l'espoir que ces précisions vous seront utiles, veuillez agréer, Madame Pailliez, mes salutations distinguées.

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