Sommet de l'immobilier : Une opération « poudre aux yeux »?

Mardi, 8 mars 2011

 
 
 


L'absence de consultation des membres ternit l'initiative

L'initiative du Réseau des courtiers immobiliers indépendants du Québec (RCIIQ) d'inviter les courtiers à manifester, auprès des Chambres immobilières du Québec, leur souhait de participer à l'élaboration de solutions collectives afin de faire face aux nombreux enjeux qui secouent l'industrie immobilière actuellement, s'est avérée justifiée et très pertinente. L'annonce récente de la tenue d'un Sommet de l'immobilier, organisé par la Fédération des Chambres immobilières du Québec (FCIQ) en avril prochain, en fait foi.

Il faut féliciter la Fédération de prendre action sur un élément aussi brûlant d'actualité pour tous les praticiens qui font face à de constantes menaces dans leur pratique quotidienne. Cependant, il est particulièrement décevant de constater que l'on a restreint la participation à ce Sommet aux seuls élus des diverses chambres immobilières, plutôt que l'avoir ouvert à tous les membres.

Comment les élus participant à ce Sommet peuvent-ils représenter fidèlement les appréhensions et les attentes des membres sans les avoir consultés au préalable? L'information succincte publiée dans la dernière édition du bulletin Vision de la CIGM, et corroborée dans une lettre que j'ai reçue du chef de la direction ne laisse entrevoir aucune forme de consultation. Pire encore, le processus mis en place par la Fédération prévoit uniquement informer les membres des décisions que ces élus auront prises!

Nous sommes très loin de la vraie formule d'un « Sommet » comme le Québec en a vécu plusieurs au cours des dernières décennies. Un « Sommet » implique un processus de consultation impliquant la base. Ce que nous propose ou plutôt impose la FCIQ, c'est en quelque sorte une réflexion de quelques individus. Certes, ces élus sont bien intentionnés, mais sur quel fondement peuvent-ils prendre des décisions qui influenceront collectivement la profession? Les a-t-on outillés pour qu'ils puissent jouer pleinement leur rôle de représentant des membres en organisant une consultation publique ou un sondage spécifique, par exemple? Est-ce que la Fédération a mandaté une firme d'experts pour lui donner une analyse exhaustive de la situation et identifier des pistes de solution fournissant ainsi des outils solides aux élus appelés à réfléchir et à prendre des décisions?

Nous n'avons aucune réponse claire à ces questions pertinentes. Cette soudaine volonté de tenir un Sommet provincial sans préparation adéquate peut laisser sous-entendre bien des choses et ouvre la porte à une foule de questions…

Comment peut-on interpréter cette absence de transparence dans une démarche pour le moins capitale pour l'avenir du courtage immobilier au Québec? Qu'est-ce qui légitime cette absence de consultation de ces femmes et de ces hommes qui doivent rivaliser d'ingéniosité et de détermination pour tirer leur épingle du jeu dans une industrie passablement bouleversée, ces dernières années? Pourquoi, tout à coup, il est urgent de tenir un Sommet sans avoir structuré la démarche et sans avoir obtenu l'appui des membres?


N'est-il pas normal, dès lors, de penser que la FCIQ nous présente en quelque sorte une opération « poudre aux yeux »? Ne serait-ce pas une belle façon de noyer le poisson et de faire oublier aux 19 517 courtiers immobiliers québécois qu'une grande part des problèmes actuels provient des modèles d'affaires inchangés depuis 30 ans?



Un des enjeux : réduction majeure des taux de commission

Il est grand temps que les principaux artisans du courtage immobilier au Québec, en l'occurrence les courtiers, aient accès à une véritable tribune. On peut sans aucun doute trouver des excuses quant à l'inaction de nos diverses instances dans certains dossiers (Bureau de la concurrence vs ACI, par exemple). Cependant, il est difficile de fermer les yeux sur les impacts actuels de la prédominance de modèles d'affaires du type Du Proprio et de la compétition féroce que se livre le plus important contingent de courtiers que le Québec ait eu dans son histoire. Tous ces éléments entraînent inévitablement une réduction des taux de commission vers leur plus bas seuil jamais enregistré. Cette baisse a une incidence directe sur la qualité de vie des courtiers et sur la survivance même de la profession de courtier telle qu'on la connaît.

Tous les courtiers immobiliers devraient avoir voix au chapitre sur toutes ces questions. Ils méritent d'avoir une tribune pour parler des divers enjeux et défis auxquels ils sont confrontés. Je l'ai d'ailleurs réaffirmé au chef de la direction de la Fédération, Monsieur Charbonneau, dans une correspondance où il m'invitait à le rencontrer pour échanger sur ces enjeux avant la tenue du Sommet. N'ayant fait aucune consultation auprès des courtiers, membres ou non du RCIIQ, sur ce sujet spécifique, je ne me sens pas le droit d'aller proposer des solutions au nom de tous. Mes idées ne sont pas meilleures que les autres et peuvent correspondre à une vision de la situation sans pour autant englober l'ensemble des réalités des praticiens sur le terrain. Si cet élément est bon pour moi, il l'est tout autant pour les élus en place. C'est pour cette raison que j'ai réitéré ma demande d'ouvrir ce Sommet à l'ensemble des courtiers, titulaires de permis.

À mon avis, il est inacceptable que l'on envisage d'imposer des solutions collectives à l'ensemble des courtiers sans les avoir consultés au préalable. La profession est aux prises avec un si grand nombre de menaces qu'il s'avère important d'analyser la situation avec un maximum d'ouverture aux diverses alternatives potentielles.

À l'ère où des joueurs de la trempe de Du Proprio se donnent comme objectif de rafler 50 % du marché des AVPP (vendu par le propriétaire) et 50 % de celui des courtiers immobiliers, en moins de trois ans, il est essentiel de tenir un véritable Sommet de l'immobilier. Un Sommet qui abordera tous les enjeux, un Sommet qui s'inscrira dans une démarche transparente, ouverte et participative impliquant tous les courtiers qui le désireront et où l'on n'aura pas glissé sous le tapis, la notion de consultation. Qu'en pensez-vous?

Je vous invite à faire connaître votre intérêt à participer à un tel Sommet au RCIIQ et à votre Chambre immobilière. De plus, pourquoi ne pas dès maintenant, préciser selon vous, les enjeux de notre profession et envisager des solutions? Votre participation active contribuera à nous aider à relever ensemble les défis de l'heure pour le courtage immobilier.


 

Ajouter un commentaire

Prénom :*
Nom :*
Agence :*
Commentaire :*


 

Voulez-vous ajouter la pratique hypothécaire à vos services immobiliers?
Découvrez comment augmenter vos revenus!




Vous êtes franchisé et vous souhaitez évaluer d'autres modèles d'affaires?
Nous avons la solution!




Comment faire profiter à vos courtiers des services du RCIIQ tout en demeurant indépendant?
Voici comment!




Connaissez-vous les avantages à devenir membre du RCIIQ?
Et ce n'est qu'un début, ici!




Vous travaillez avec des inscriptions commerciales et vous recherchez un appui dans vos transactions?
Découvrez notre équipe commerciale!






Inscrivez-vous gratuitement à notre infolettre

Votre courriel :*



Restez branché!

Recevez en direct nos alertes « dernières heures », et toutes les nouvelles du site en vous abonnant à notre fil RSS!








Copyright (C) Yvon Poirier 2011 - Tous droits réservés