Un vote qui pourrait bouleverser votre vie de courtier

Samedi, 7 décembre 2013

 
 
 



L'heure de vérité a sonné pour les quelque 17 000 courtiers immobiliers au Québec. Dans quelques jours, la CIGM relancera sa consultation auprès de ses membres afin de confirmer sa décision de se retirer de l'ACI dès le 1er janvier 2014. Ce vote de consultation qui aura lieu du 10 au 12 décembre aura une incidence majeure pour tous les courtiers au Québec.

Je vous ferai grâce des arguments entendus et commentés depuis le début de cette saga, créée de toutes pièces par la CIGM (Chambre immobilière du Grand Montréal)  et qui, à mon avis comme à celui de nombreux courtiers immobiliers, dure depuis trop longtemps. Quoiqu'il en soit, la CIGM n'a fourni aucun fait nouveau lors des séances d'information tenues cette semaine pour expliquer sa décision de se retirer de l'ACI (Association canadienne de l'immeuble). L'envoi d'une capsule vidéo du président a simplement rappelé les cinq raisons avancées par la CIGM pour légitimer sa décision de se retirer. À aucun moment, le président Juanéda n'a réussi à fournir des avantages concrets pour les membres.

Que devons-nous en conclure sinon que les dirigeants de la CIGM suivent une ligne directrice qui leur est propre? Quels intérêts sont protégés avec ce retrait de l'ACI? Ceux des courtiers? Des agences? Des franchiseurs?

Qu'est-ce que les courtiers immobiliers gagnent avec le retrait de l'ACI?

À en croire les dirigeants de la CIGM, les courtiers immobiliers économiseront 156 $ de leur cotisation annuelle habituellement versée à l'ACI. Curieusement, cela correspond approximativement au montant de la cotisation spéciale imposée cet automne, sans consultation des membres, pour une campagne publicitaire nationale. Il va sans dire qu'on ne peut pas parler ici d'une véritable économie. Pire encore, dans son message vidéo, le président Juanéda est resté tout aussi vague sur la question d'un retour financier à long terme en mentionnant que « cela demeure un objectif. »

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Puisque les courtiers ne bénéficieront d'aucun gain financier avec ce retrait de l'ACI, en quoi les intérêts des courtiers sont-ils protégés avec cette décision de la CIGM de se retirer de l'ACI? Attardons-nous à quelques éléments évidents seulement.
  • Perte de visibilité et de reconnaissance du système de diffusion des inscriptions MLS/Realtor et de la marque de commerce MLS reconnue partout.
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  • Existence dorénavant de deux classes de courtiers immobiliers au Québec, ceux ayant le MLS/Realtor et Centris alors que les autres devront se contenter de Centris sans pouvoir afficher leurs inscriptions sur le MSL/Realtor et bénéficier de la visibilité canadienne et internationale.
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  • La coexistence de deux classes de courtiers immobiliers au Québec entrainera immanquablement une compétition beaucoup plus féroce entre courtiers qui aura des effets palpables sur la collaboration, à la base de notre industrie. En ayant moins de collaboration sur le terrain, les courtiers risquent de rater le virage devant les mener vers la professionnalisation et se retrouver  confiné à une industrie de commodité où seul le prix compte! Alors que l'on nous prône la professionnalisation depuis quelques années, les dirigeants de nos instances créent des conditions pour nuire à ce processus. L'intérêt des courtiers est-il vraiment protégé?
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Des avantages aux firmes de marketing?
  • Un autre fait à ne pas négliger tient compte de l'actuelle démarche entreprise par l'OACIQ pour amener la firme de marketing immobilier DuP à détenir un permis d'exercice de courtage immobilier. Dans un tel cas, rien n'empêchera ladite firme de créer ou joindre une Chambre immobilière toujours membres de l'ACI, et ainsi publiciser à outrance, sa visibilité tout azimut (MLS, Centris, etc.) et dévaloriser l'offre de visibilité restreinte des courtiers immobiliers québécois.
Rien n'empêche cette même firme d'utiliser, dès le 1er janvier 2014, la perte du système MLS par les courtiers québécois pour mettre en évidence ses propres avantages comme elle le réussit si bien.  Comment les courtiers immobiliers québécois, avec ou sans le MLS, pourront sortir grandis de cette nouvelle campagne publicitaire?  Croyez-vous que les consommateurs vont faire la différence? Ne sera-t-il pas plus facile pour eux de conclure que les courtiers immobiliers québécois n'offrent plus la même visibilité? C'est donc dire que leur offre de services sera diminuée, comme l'ont si bien souligné certains médias.
 
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Le sort des courtiers immobiliers est en jeu
  • Tout au cours du processus lancé par la CIGM ces dernières années, les dirigeants n'ont jamais cru bon de présenter leur planification stratégique précisant les enjeux de notre industrie actuellement et dans un futur rapproché. Ils n'ont pas non plus informés les courtiers des impacts des diverses décisions dont celle fort importante de se retirer de l'ACI. Si les études et exercices de planification ont été réalisés, il est pour le moins curieux de ne pas informer les membres afin qu'ils puissent prendre leur décision en tout état de cause. Si aucune étude et/ou planification n'a été faite, comment les dirigeants de la CIGM peuvent-ils prétendre défendre les intérêts des courtiers immobiliers? Sur quoi peuvent-ils appuyer leur raisonnement?
Au-delà des millions de dollars en jeu, il faut surtout s'attarder au sort des quelque 17 000 courtiers immobiliers, de leur famille et de leurs employés. Est-ce qu'un dirigeant mature et responsable peut se permettre de bouleverser la vie de toutes ces personnes sans prendre des précautions et offrir des garanties?
 
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  • De nos jours, la Commission Charbonneau est là pour nous le rappeler d'ailleurs, il est prudent de se demander à qui cela profitera-t-il? Les façons de faire de la CIGM dans ce dossier, que l'on songe au manque de transparence et à l'absence d'études d'impacts, incitent à la méfiance. Elles nous mènent à croire qu'il existe des intérêts supérieurs. Une missive du plus important franchiseur encourageant ses courtiers à voter en faveur du retrait de l'ACI provoque à cet égard, bien des questionnements. 
Personne n'a besoin d'une boule de cristal pour lire entre les lignes. Si le retrait de l'ACI favorise les intérêts des franchiseurs au Québec, en quoi cette décision serait profitable aux courtiers immobiliers? En poussant plus loin notre réflexion collective, nous pouvons nous demander si le retrait de l'ACI ne permettrait pas aux franchiseurs de prendre un meilleur contrôle de l'industrie? Étant capables de tirer les ficelles à leurs convenances dans un marché restreint qui pourra faire contrepoids pour protéger les intérêts des dirigeants d'agences et des courtiers sur le terrain?
 
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RÉSULTAT : Avec le retrait de l'ACI, les courtiers immobiliers se retrouvent avec 6 prises contre eux, soit l'équivalent de deux retraits au bâton au baseball. En y ajoutant la conjoncture économique actuelle et toutes les décisions gouvernementales et celles de l'OACIQ, on peut facilement dire que nous avons notre troisième retrait.
 
Voter selon sa conscience et les intérêts des courtiers

Malgré qu'ils aient eu plusieurs mois pour le faire, les dirigeants de la CIGM n'ont jamais réussi à démontrer qu'un retrait de l'ACI permettait de protéger les intérêts des courtiers immobiliers.

Ils n'ont pas davantage présenté de plan stratégique pouvant contrecarrer les effets néfastes d'un tel retrait, à l'exception d'une campagne publicitaire nationale pour valoriser Centris, pendant un an, et aux frais des courtiers, via une cotisation spéciale imposée.

Compte tenu des enjeux pour toute notre industrie et pour l'ensemble des artisans du courtage immobilier qui en ont fait leur gagne-pain, j'invite tout d'abord tous les courtiers membres, à voter lors de cette consultation de la CIGM. Il est impératif de pouvoir compter sur une participation massive.

Je vous incite à voter selon votre conscience en vous appuyant sur la seule chose qui devrait compter à vos yeux, soit de protéger vos intérêts de courtier. La CIGM vous a-t-elle démontré hors de tout doute, que vous profiterez de nombreuses retombées positives d'un retrait de l'ACI? Est-ce que l'économie de 156 $ par année compensera les conséquences réelles subies par les courtiers?

Dans mon cas, après lecture, échanges et analyse des communications de la CIGM, ma réponse est claire et précise : c'est NON.

NON à un retrait de l'ACI et à la perte de visibilité et de reconnaissance apportée par le MLS.

NON à l'incertitude.

NON à la discorde et au cafouillage avec deux classes de courtiers.

Je vous invite à me faire part de vos commentaires. Si vous avez pris connaissance d'éléments qui seront profitables aux courtiers, n'hésitez pas à nous les faire connaître par le truchement de ce blogue.

Pour prendre connaissance des arguments présentés dans le cadre de cette saga, voici quelques liens supplémentaires :
 
Deux Chambres immobilières reviennent au sein de l'ACI
Quitter l'ACI équivaut à se tirer dans le pied
Le retrait de l'ACI aidera-t-il les courtiers face à la concurrence plus vive que jamais?
Les courtiers immobiliers pourraient payer cher le retrait de l'ACI



 

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