ACI: Une action qui a permis de «tuer la rumeur dans l'œuf»

Mardi, 7 août 2012



En réponse au message officiel de M. Patrick Juanéda, président de la Chambre immobilière du Grand Montréal (CIGM), diffusé le 27 juillet dernier à tous les membres de la Chambre, il m’apparaissait important de remettre les choses dans leur juste perspective. J’ai donc apporté à mon tour, les précisions qui me semblaient de mise. Mon objectif, comme je l’ai souligné à maintes reprises, est toujours le même : travailler au bien commun de l’ensemble des courtiers immobiliers qui doivent au quotidien, tirer leur épingle du jeu.

Compte tenu de la teneur publique des propos de M. Juanéda, il était tout aussi opportun que la réponse soit elle aussi publique. Vous trouverez donc ci-dessous, la version intégrale de cette missive.




Saint-Hubert, le 7 août 2012
  
Monsieur Patrick Juanéda
Président
Chambre immobilière du Grand Montréal
600, chemin du Golf
Île-des-Sœurs (Québec)
H3E 1A8
  

Objet : Dossier CIGM vs ACI

 
  
Monsieur,
 
En prenant connaissance de votre plus récent message à titre de président de la Chambre immobilière du Grand Montréal (CIGM), j’ai cru bon de vous écrire. Mon seul objectif est de nous permettre de clarifier la situation.
 
Dans un premier temps, comme je l’ai souligné dans mon message du 23 juillet, j’ai fait état d’une rumeur qui circule présentement dans le cadre de la tournée des gouverneurs auprès de leur Chambre immobilière respective. Ce sont des courtiers présents à ces rencontres qui m’ont souligné le fait. Dans le contexte de cette tournée où l’on invite les membres des Chambres à se sensibiliser à une prise de décision quant à la pertinence de rester membre ou non de l’Association canadienne de l’immeuble (ACI), il me semble que cette information privilégiée est particulièrement pertinente pour votre organisation.
 
Je ne suis donc pas à la source de cette rumeur. J’ai été plutôt l’artisan d’une communication publique qui vous a permis de « tuer la rumeur dans l’œuf » et d’éviter de faire croire aux courtiers immobiliers de tout le Québec que vous aviez déjà pris votre décision. Sur la foi du vieux proverbe « qui ne dit mot, consent », il va sans dire que cette rumeur était préjudiciable pour votre organisation, puisqu’elle ne reflétait pas la vérité, si j’ai bien compris votre réaction.
 
Je comprends qu’il est plus facile de s’attaquer au messager et de tenter de le discréditer en parlant « d’inexactitudes et de sous-entendus ». Toutefois, vous devez admettre que les questions soulevées par des membres sont justifiées. Malheureusement, elles sont curieusement laissées sans réponse, par votre organisation, pourtant directement impliquée dans ce dossier. Par exemple, il est facile de dire aux courtiers qu’ils auront toujours accès au système de collaboration que représente Centris après un départ éventuel de l’ACI. Ne serait-il pas à propos de souligner également que Centris pourrait être privé d’un achalandage important provenant de realtor.ca, advenant une séparation avec l’ACI? La question soulevée à ce sujet ne mérite-t-elle pas une réponse claire?
 
Je suis convaincu de l’importance du travail que vous accomplissez depuis des années au sein de la CIGM. Je ne mets pas davantage en doute vos efforts et votre intégrité, ni ceux de vos collègues au sein du conseil.
 
Toutefois, je vous invite à vous placer quelques minutes dans la peau du courtier immobilier, membre de votre organisation. Ce dernier, tout comme moi d’ailleurs, n’a pas accès à l’ensemble des renseignements pertinents pour brosser un portrait objectif de la situation. Dès lors, comment croyez-vous qu’un courtier membre peut se faire une opinion juste et réaliste sur un sujet aussi complexe, comme vous le mentionnez vous-même?
 
En tant qu’adeptes d’une transparence que vous qualifiez « d’exemplaire » depuis le début de ce dossier, je suis convaincu que votre organisation et vous, seriez ouverts à participer à un processus d’une transparence inattaquable. Je m’explique.
  • Pour vous éviter les critiques sur votre « possible » subjectivité, tout en reconnaissant le fait que toutes les Chambres immobilières du Québec doivent entreprendre la même réflexion que vous sur leurs liens avec l’ACI, que diriez-vous de laisser le soin à la Fédération des Chambres immobilières du Québec (FCIQ) de coordonner une tournée provinciale d’information?

Cette tournée impliquerait la participation des représentants de la CIGM, bien entendu, mais également de l’ACI. De cette façon, les deux parties présenteraient chacune leur argumentation à une même table. Cette approche mettrait fin aux diverses interprétations et aux rumeurs qui n’en finissent plus de voir le jour au moindre doute. Elle permettrait également aux courtiers d’obtenir, dans la même opération, les deux côtés de la médaille pour qu’ils puissent forger, par la suite, leur propre opinion.

Une telle démarche aurait également le mérite de mieux positionner le rôle de votre organisation de celle de la Fédération des Chambres immobilières du Québec. De plus, la CIGM ferait preuve du même souffle, de sa volonté d’une transparence à toute épreuve. Enfin, elle viendrait confirmer votre « approche d’ouverture ».
 

  • Par ailleurs, pour reprendre vos propos sur l’existence d’enjeux importants de ce dossier qui comporte « des risques sérieux pour l’avenir », il me semble tout à fait approprié que vous précisiez dès maintenant le type de processus de consultation que vous entendez mettre sur pied pour permettre aux courtiers immobiliers de « prendre la meilleure décision ». Jusqu’à maintenant, vos messages répétés reviennent avec une éventuelle consultation sans en définir le cadre. Pourquoi ne pas instaurer un processus de type référendaire pour donner aux membres, le droit de choisir l’option qui leur convient le mieux après avoir obtenu les informations des deux côtés de la médaille?

Sur une question aussi cruciale, il est logique de recourir au vote des membres. C’est la meilleure façon d’éviter les critiques et les chicanes de clocher. Tous les courtiers, qu’ils soient dans un camp ou dans un autre, accepteraient les résultats d’un vote démocratique où ils ont été partie prenante. Avec une démarche transparente et démocratique, il serait également plus facile de rallier l’ensemble des courtiers par la suite. Nous avons besoin de l’ensemble de nos forces vives pour participer activement à bâtir l’avenir de notre industrie et faire suite aux recommandations du Sommet de l’immobilier.

 
Comme vous le constatez, je suis tout aussi préoccupé que vous, par l’avenir des courtiers immobiliers. Je souhaite contribuer, tout comme vous, à l’avancement de notre profession. Si j’étais assis à votre place, je peux comprendre que mes questions soient parfois dérangeantes. Toutefois, si aucune question n’était posée par les courtiers ou si je n’entendais aucune voix discordante, je serais très inquiet pour mon industrie. Pas vous?
 
En espérant avoir le plaisir d’échanger à nouveau avec vous tout en vous réitérant mon entière collaboration, recevez, Monsieur Juanéda, mes salutations distinguées.

Yvon Poirier
Courtier immobilier depuis 1976
Président fondateur du Réseau des courtiers immobiliers indépendants du Québec (RCIIQ)
 
C.c. :  Membres du conseil d’administration : Diane Ménard, Ginette Beardsell, Nathalie Bégin, François Bissonnette, Yvon Cousineau, Daniel Dagenais, Robin Dickson, Sylvain Girard, Carol Jarry, Francisco Mendes, Caroline Salette, Lorraine Turpin, Marie-France Vachon, Jocelyn Vaillant et Éric Charbonneau, chef de la direction et tous les courtiers immobiliers du Québec.
 
 
P.S. : Bien que j’ai relu plus d’une fois vos communications et documentations sur ce dossier, je dois bien admettre que plusieurs questions restent toujours sans réponse. Je me permets de vous en présenter quelques-unes en espérant avoir la chance d’obtenir des réponses.
  • Pourquoi est-ce si urgent de quitter l’ACI maintenant? À qui cela profite-t-il?
     
  • Comment combler la diminution de l’achalandage de Centris.ca avec le retrait de Realtor.ca (ou MLS)?
     
  • Pourquoi, si le dessein était de s’affranchir de l’ACI et par conséquent du rayonnement apporté par realtor.ca (MLS), la CIGM et la FCIQ n’ont pas mis le paquet, depuis le lancement de Centris.ca en 2010, pour le publiciser à outrance, le rendre le plus convivial et accessible possible, en investissant dans son développement continu et en ajoutant une application mobile ouverte au public?
     
  • A-t-on identifié les risques qu’une telle séparation pourrait occasionner auprès des consommateurs, notamment sur leur perception? Comment contrer les arguments de la compétition soulignant par exemple que les courtiers offrent désormais moins de services à leurs clients?
     
  • Est-ce que cette guerre entre organismes immobiliers pourrait alimenter la compétition directe de concurrents tiers?
     
  • Quels seront les coûts associés à cette réorganisation pour ne pas faire perdre de bénéfices et de services aux courtiers québécois?
 
 
 








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