Des propos indécents et inacceptables

Vendredi, 17 novembre 2006



Monsieur Paul Mayer
Président
Fonds d’indemnisation du courtage immobilier
 
 
Monsieur Mayer,

Se réjouir de l'augmentation des plaintes contre les courtiers et agents immobiliers est pour le moins indécent et inacceptable, tant pour les consommateurs que pour les agents et les courtiers immobiliers du Québec.

Il est particulièrement malheureux et maladroit de votre part de vouloir faire connaître votre organisme au détriment de la réputation des agents et courtiers immobiliers d'autant plus que vos propos ne présentent pas un portrait réaliste de la situation.

Certes, il existe des cas de fraude, mais ces derniers ne représentent même pas la demie d'un pour cent de toutes les transactions immobilières au Québec (60 000 environ). Il me semble qu'il s'agit là d'un fait majeur qui mérite l'attention. Deuxièmement, si vous cherchez à expliquer les causes réelles de ces abus de confiance de la part de certains agents et courtiers, il serait souhaitable d'aborder les vraies raisons.

N'est-ce pas réducteur que de ramener votre explication sur les seuls faits de l'augmentation de transactions immobilières et d'une meilleure campagne de promotion de votre part? Pourquoi ne pas plutôt vous inquiéter des tendances lourdes de l'industrie du courtage immobilier qui tournent uniquement en faveur d'un accroissement sans fin du nombre d'agents immobiliers, sans égard à la réalité particulière du marché québécois? Vous n'êtes pas sans savoir que les consommateurs québécois n’ont recours aux professionnels du courtage immobilier que dans moins de 50 % des transactions (constats soulignés par la CIGM en 2005 et 2006) alors qu'ailleurs en Amérique du Nord, cette proportion grimpe à plus de 80 %?

Se pourrait-il que les conditions amenées par un resserrement du marché immobilier jumelé à un surplus d'agents – plus de 57 % de trop selon une étude* — entraînent des gestes inacceptables de la part d'agents immobiliers désireux de sortir leur tête de l'eau?

Comment se fait-il qu'un organisme qui existe depuis 1985, dédié à la protection du public, n'ait pas songé à dénoncer les sources qui alimentent les abus plutôt que d'accabler ses artisans? Qui des organismes créés pour défendre les consommateurs, ou pour les rassembler, s'interrogent publiquement sur les causes du malaise profond qui fragilise le courtage immobilier au Québec?

Pourquoi faut-il toujours faire porter le chapeau à l'ensemble des agents et courtiers immobiliers alors que ces derniers sont enfermés dans un carcan dicté par les franchiseurs et les organismes de votre trempe, où tout se paie à prix d'or?

Enfin, c'est tout de même curieux que parmi des organismes comme le vôtre qui prônent la protection du public, personne ne fasse la promotion d'initiatives pour assainir les pratiques dans le courtage immobilier et, encore moins, de saluer les initiatives qui existent déjà pour éloigner définitivement de la scène, les coupables de fraude, de manquement à l'éthique et/ou de malversation.

Pourtant, il existe au Québec, un réseau de courtiers et d'agents indépendants au Québec qui s'est donné un sceau de qualité supérieure en misant sur l'intégrité, l'honnêteté et le professionnalisme de ses membres tout en imposant une radiation de cinq années, à tout membre reconnu coupable de fautes selon le code de déontologie en vigueur. Curieusement, aucun autre regroupement largement publicisé auprès du public n'impose de telles restrictions. N'y a-t-il pas lieu de se questionner sur le réel intérêt à protéger le public?

Si vous souhaitez vous faire connaître auprès des consommateurs, il serait peut-être opportun de les informer correctement sur les mesures à prendre pour se prémunir de certains abus. Cela aurait pour avantage de faire la prévention positive sans faire porter l'odieux de quelques cas, à l'ensemble des professionnels de carrière en courtage immobilier, qui, pour un grand nombre d'entre eux, en ont fait vraiment leur unique carrière.

* L'étude réalisée en 2003 fait également mention que le surplus d'agents peut atteindre 77,6 % si l'on admet que le revenu annuel total d'un agent immobilier à temps plein est de 57 000 $ comme le souligne Statistiques Canada.
 
 
Note : Cette lettre a été adressée à M. Mayer en réaction à la publication de divers articles dans les quotidiens du Québec.
 

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