La Fédération des chambres immobilières du Québec : une « bébelle » au service de qui?

Jeudi, 14 février 2013

 
 
 


Le 14 février 2013
 
M. Normand Racine
Président
Fédération des Chambres immobilières du Québec
 
 
Objet : À quoi sert la Fédération des chambres immobilières du Québec?
 

Monsieur Racine,
 
La lecture de votre missive publiée sur mon blogue récemment est révélatrice de plusieurs éléments troublants qui, loin de répondre aux questions, suscitent au contraire de nouvelles interrogations.
 
En premier lieu, ce qui nous saute aux yeux est ce désir évident de légitimer la décision controversée du conseil d'administration de la Chambre immobilière de Saint-Hyacinthe (CISH) à laquelle vous avez pris part, à titre d'administrateur de cette Chambre depuis 24 ans.
 

Une vision « élastique ou créative » de la démocratie

Le plus curieux est sans contredit cette affirmation  « …Finalement, nous arrivons à l'AGA spéciale du 20 décembre où une majorité de 3 personnes seulement a voté pour la réintégration… »  Depuis quand, dans notre société démocratique où le 50 + 1 est le barème officiel reconnu, une majorité de trois voix au sein d'une assemblée générale (AGA) qui a rassemblé plus de 51 % des membres, n'est pas suffisante?
 
Qu'est-ce qui motive la décision du conseil d'administration de la CISH de tenir compte des résultats des consultations antérieures pour renverser le vote démocratique des membres? Pourquoi un sondage a plus d'importance qu'un vote en assemblée générale spéciale? Comment expliquer que les séances de consultation réunissant moins de 50 % des membres de la Chambre ont plus de poids qu'une AGA spéciale? Devons-nous comprendre que le résultat du vote ne plaisait pas au conseil d'administration?
 
Par ailleurs, si cette façon de faire, pour le moins discutable, est valable selon vous car, je vous cite « Agir autrement aurait été antidémocratique dans le cadre d'un dossier d'une telle importance », comment se fait-il que vous n'appliquez pas ce même raisonnement à l'ensemble du Québec?
 

Gérer au gré du vent?

En effet, puisqu'il y a eu des consultations à l'échelle du Québec dans toutes les Chambres immobilières sur cette question capitale, pourquoi, en tant que Fédération des Chambres immobilières du Québec, vous ne comptabilisez pas tous les résultats? La conclusion d'un tel exercice confirmerait le maintien de l'adhésion à l'Association canadienne de l'immeuble (ACI) avec huit Chambres en faveur contre « seulement » quatre Chambres qui ont voté pour le retrait. Ainsi le débat serait clos et nous pourrions concentrer nos efforts sur les véritables enjeux de notre industrie.
 
Je vous entends déjà répliquer que ce n'est pas pareil… Pourtant, votre perception de la situation de la Chambre de Saint-Hyacinthe semble banaliser le vote tenu en assemblée générale spéciale. Cette structure administrative décisionnelle est pourtant bien établie et reconnue comme telle, tout comme le sont les référendums ou les élections.  Le raisonnement que vous défendez nous rapproche davantage de l'image d'une « république de bananes » que d'une société démocratique ou du moins, d'organismes qui assument pleinement leurs responsabilités de saine gouvernance et de transparence.
 
À propos de transparence, vos écrits ou plutôt l'absence de réponses claires aux questions soulevées depuis le début de cette saga, méritent de nous interroger publiquement sur le leadership de la Fédération. Je peux comprendre que vous vous êtes senti personnellement interpellé dans mon dernier message. Pourtant, si vous lisez bien mon intervention, je pose des questions au président de la FCIQ pas à l'administrateur de la Chambre immobilière de Saint-Hyacinthe, ni à l'individu.
 

Une situation qui coûte cher aux courtiers immobiliers

Il est normal dans un dossier de cet envergure que les courtiers immobiliers, peu importe leur « allégeance », s'interrogent sur les décisions de leurs administrateurs. La raison en est toute simple : ce sont eux qui paient le « gros » prix sur le terrain. Ce sont les courtiers qui doivent faire face aux conséquences comme le cas de ce courtier, dont je tais le nom pour lui éviter des représailles, qui a dû annuler l'adhésion à sa Chambre et en trouver une autre, membre de l'ACI, pour ne pas perdre un mandat majeur. Sans un accès aux services MLS ® de l'ACI, ce courtier perdait une occasion d'affaires qui constitue son gagne-pain quotidien.
  • Quelle est la vision de la Fédération sur les enjeux actuels du courtage immobilier?
  • En quoi la scission du Québec en deux groupes distincts « pour » ou « contre » l'ACI, contribue au développement et « aux succès des affaires » des courtiers immobiliers de tout le Québec?
  • Quelle est la position de la Fédération dans ce dossier épineux?
  • Qu'a fait la Fédération lorsqu'elle a eu vent de l'éventuelle désaffection de la Chambre immobilière de la Haute-Yamaska de l'ACI?
  • Étant directement concernée par les conséquences d'une telle décision, n'était-il pas normal de voir la Fédération se lever et prendre le leadership de ce dossier?
En tant qu'organisme provincial chapeautant l'ensemble des Chambres, n'est-ce pas à la Fédération de veiller à rassembler les divers acteurs? À susciter des consensus? À faire réfléchir les intervenants sur les enjeux actuels et futurs de certaines décisions? À s'assurer que l'industrie toute entière ne se divise pas  en clans multiples pour fournir des avantages marqués aux joueurs tiers de type DuP…?
 
N'est-ce pas à la Fédération de favoriser le maintien et le développement de Chambres immobilières fortes, capables de fournir le maximum de moyens et d'outils aux courtiers, qu'ils soient en région ou dans les grands centres, bref à vous assurer que les courtiers bénéficient de services équitables, partout au Québec?
 

Deux poids, deux mesures

Alors que vous cherchez, avec vos autres partenaires (CIGM et OACIQ) à mobiliser tout le Québec autour du projet du Sommet de l'immobilier, comment pouvez-vous tenir un discours sur l'importance de se rassembler et d'unifier nos façons de faire tout en favorisant l'éclatement de l'industrie du courtage immobilier en deux clans?
 
De plus, qui, de la Fédération ou de la Chambre immobilière du Grand Montréal (CIGM), a pris les mesures qui s'imposent pour commander une étude d'impacts et un plan d'action pour contrecarrer les effets négatifs d'un retrait de l'ACI? À ce jour, malgré des demandes répétées, la loi du silence est toujours de mise au sein de votre organisme et de votre « grand sœur », la CIGM.
 
Que faites-vous des conséquences déjà perceptibles sur le terrain depuis le 1er janvier dernier? En effet, comment entendez-vous supporter les petites Chambres immobilières qui perdent leurs membres au profit des Chambres qui offrent toujours tous les services de l'ACI, y compris le MLS ®? En quoi la Fédération peut-elle accepter d'affaiblir certains de ses membres (Chambres) au profit de d'autres? Dans cette suite logique, comment la Fédération envisage-t-elle l'avenir? Une seule Chambre pour tout le Québec comme l'ont déjà exprimé quelques individus?
 
Je m'explique très mal que vous ne profitiez pas des opportunités qui vous sont offertes pour expliquer clairement les motivations de la Fédération dans ce dossier au lieu de vous contenter de vagues explications et d'entremêler vos susceptibilités personnelles à celles de votre rôle de président d'un organisme provincial.
 

Un organisme neutre et indépendant ou une « bébelle »?

Dans un tel contexte et en se fiant à vos arguments et raisonnement, vous ouvrez toute grande la porte à tous les courtiers immobiliers du Québec, pour vous demander : À QUOI SERT LA FÉDÉRATION?
 
Est-il possible que la démarche contre l'ACI puisse un jour se retourner contre la Fédération? Pourquoi les courtiers immobiliers devraient-il débourser 75 $ par année à un organisme qui ne défend pas objectivement la cause de tous ses membres? Une organisation qui ne démontre pas clairement sa valeur ajoutée, ni sa détermination à travailler au bien commun de toute l'industrie sans favoritisme ni parti-pris pour quiconque?
 
Par l'absence de leadership et de réponses claires et bien définies, n'est-il pas normal d'entendre souffler de plus en plus fort que « la Fédération, c'est juste une bébelle de la CIGM pour mieux contrôler l'industrie »? Il me semble que de tels propos devraient vous alerter comme président du conseil d'administration.
 

Unir ses forces, la clé du succès

En ce qui me concerne, cette situation déplorable ne m'enchante guère. Elle est, à mon humble avis, néfaste pour tous ses artisans. Je demeure convaincu de la pertinence d'instances solides, surtout à une époque où les courtiers immobiliers doivent faire face à une opposition orchestrée très structurée, bénéficiant de moyens considérables. Devant l'adversité, normalement, les gens se rassemblent, unissent leurs efforts et trouvent des solutions ensemble.
 
Force est de constater que les actions posées ces derniers mois par certaines de nos instances  appellent à la division des troupes en semant sur son passage, discordes, doutes et en prenant les risques réels de voir tout cet étalage sur la place publique avec ses lourdes conséquences pour les courtiers. Que se passera-t-il alors? Qui ira au front pour les courtiers? Assisterons-nous encore une fois à une séance où les principaux acteurs s'en laveront les mains sous prétexte que la responsabilité incombe au courtier? Personne ne le sait aujourd'hui. Toutefois, ce qui est inquiétant c'est de constater une grande improvisation. Aucune information ne circule sur un plan de match éventuel à l'exception du volet « campagne publicitaire ». Rien ne transparaît pour indiquer que nos instances ont les choses bien en mains.  
 
Vous me reprochez de ne pas vous avoir contacté? Depuis le début de nos échanges, je n'ai droit qu'à des banalités, sans aucunes réponses claires et bien documentées. Je n'entends pas réclamer des précisions pour mon seul bénéfice mais pour celui de l'ensemble des courtiers.
 

Cours 101 sur « la vérité » 

Ne vous en déplaise, la vérité finit toujours par éclater. Elle est plus intéressante parce qu'elle permet de tuer dans l'œuf les rumeurs, les inquiétudes et autres situations déplaisantes comme la médisance. D'ailleurs, en matière de vérité, la Fédération n'a pas vraiment de leçon à donner sur ce dossier.
 
  • Car la vérité, c'est que la Fédération a passé sous silence sa sortie de l'ACI en juillet dernier. Certes, elle n'aurait pas eu le choix de le signaler mais à quel moment l'aurait-elle fait?
  • La vérité, c'est que la FCIQ n'a pas davantage cru bon d'informer les membres de toutes les Chambres, des résultats des votes pris dans chacune d'entre elles, sur ce fameux dossier de l'ACI.
  • La vérité, c'est que l'organisme que vous présidez n'a pas davantage fourni de réflexion poussée sur les enjeux ni de plan d'action pour veiller à maintenir un climat d'entraide et de collaboration dans l'esprit des principes du Sommet de l'immobilier.
  • La vérité, c'est que les courtiers immobiliers, orphelins de l'ACI à la suite de la défection de leur Chambre, sont laissés à eux-mêmes. Ils doivent trouver des solutions pour maintenir leur même niveau de services.
  • La vérité, c'est que pendant toutes ces discussions, échanges ou tractations qui durent depuis 18 ou 24 mois, selon les interlocuteurs;  l'OACIQ n'a pas été informée outre mesure des changements provoqués par un retrait de l'ACI sur les contrats de courtage, alors en préparation, en vertu de la nouvelle loi.
  • La vérité, c'est qu'en démocratie, peu importe les instances, 50 + 1 constitue la voix de la majorité.
  • La vérité, c'est que votre organisme a émis des renseignements erronés aux membres des Chambres dissidentes sur la portée du système de diffusion de données MLS ® qui a nécessité une mise au point de l'ACI.
  • Bref, la vérité est toujours bonne à dire. Malheureusement, il faut parfois aller la débusquer. C'est le rôle ingrat qui échoit aux courtiers qui souhaitent comprendre ce qui se passe dans leur industrie et réclament donc plus de transparence de la part de leurs organismes professionnels.
 
Lorsque vous aurez des réponses claires aux questions qui s'accumulent depuis plusieurs mois, je serai ravi de vous rencontrer. Je vous rappelle toutefois que je me ferai un devoir de relayer l'information à tous les courtiers pour leur bénéfice, sans égard à leurs liens professionnels. C'est ce que l'on appelle de la « transparence ».
 
Bien à vous,
 
Yvon Poirier

 
P.S. : Tous les courtiers immobiliers, membres d'une Chambre désaffiliée de l'ACI ou non, sont invités à nous partager leur expérience depuis le 1er janvier dernier. Vous pourrez ainsi faire valoir auprès des dirigeants de nos diverses instances, les réalités vécues sur le terrain. Au plaisir de vous lire.
 


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